Saison prélude de fin du monde, dans l’éternel cercle plat du recommencement qui rythme nos existences pendues au décompte maintenant digitalisé du temps qui s’étiole inexorablement en moments/évènements tragiques d’intensité croissante contrebalancés par la vaine légèreté du remplissage quotidien insignifiant.

Une saison idéale pour randonner et admirer le pourrissement du monde naturel qui inspire tant d’artistes crépusculaires qui pourtant n’aiment rien tant que la lumière dorée sous les frondaisons car, partout, il faut chercher la lumière pour tenter d’imposer un espoir, quelque part illusoire, que le monde peut encore briller, éclairer les ténèbres.

Comme un héros retenu dans une prison noire, au fond d’un puit qui laisse passer par son ouverture circulaire la lumière blanche de la liberté pourtant inaccessible; nous respirons et cherchons la joie sous les lumières artificielles, néons criards ou écrans LED miroirs sur un Pays des Merveilles qui tend les mains mais recule chaque fois que nous l’approchons, parce qu’il faut toujours justifier l’envie de ce Paradis Artificiel.

Mais c’est l’Enfer déguisé, costume de carnaval sous lequel se cache le costume d’Halloween. Et nous; zombies gâtés par la lumière des écrans qui dessinent les contours, dans l’aube grise bétonnée, des longues files d’attente dans lesquelles nous nous pressons comme des insectes volants autour d’un halogène pour accéder à ce que quelqu’un; dans un autre lieu, dans un autre cercle; nous a vendu comme l’extension nécessairement indispensable à nos vies de plus en plus virtuelles; nous oublions que nous survivons sur un vernis délétère de plus en plus épais et que, dessous, les feuilles mortes ne tombent plus et n’accomplissent plus le cercle pourriture/retour-à-la-vie.

Alors nous nous déguisons en monstres parce que les monstres sont plus intenses et plus tragiques et sont quelque part les enfants que nous étions quand tout nous émerveillait, mais à la marge de la société éco-génocidaire.

Atmosphère déjà glaciale et ténèbres de l’énorme salon qui accueille mes rêveries nocturnes, je tombe amoureux de Kristen Stewart en stripteaseuse prostituée abimée par la vie rejetée malmenée les larmes aux yeux le jour mais consciencieuse la nuit, Rimmel dégoulinant regard sans concession sur son monde-désespoir, lèvre inférieure mordue dans une attitude défi/déviante et curieuse face à ce James Gandolfini qui veut l’en sortir, de sa nuit éternelle, pourtant sans tractations sexuelles en échange. Mais ce bon gros géant de Gandolfini n’a pas compris qu’il est trop tard pour cette carapace, l’intérieur est bien trop noir et la coque reste insensible aux feuilles qui tombent et ne veulent que nourrir la précieuse Terre avant de mourrir.

Nous ne sommes pas des feuilles et nous ne nourrissons plus rien. Nous prenons tout, nous avalons tout, insensibles aux détresses millénaires et trop sensibles aux plaisirs secondaires éphémères. Nous demandons des révolutions mais il est trop tard et même si le temps est un cercle plat nous oublions tout et recommençons les mêmes erreurs.

Après l’automne, l’hiver.

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