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Le générique de ce nouveau long-métrage estampillé Marvel laisse entrevoir deux films possibles. Le premier serait une interrogation méta du film de super-héros, emballé d’une bonne dose d’humour régressif. Cette perspective nous laisse plein d’espoir.

Le deuxième film possible contiendrait aussi une large part d’humour régressif, mais qui cette fois se suffirait à lui-même. C’est à dire qu’il n’y aurait rien à emballer, seulement une forme de « marketing de la subversion » qui en aucun cas n’aurait la conscience de soi.

Et bien sûr, c’est la deuxième option qui s’impose.

Deadpool ne vaut donc que pour son marketing un peu déviant et son générique qui croque bien le film de super-héros formaté que Marvel fournit à tour de bras. Cela voudrait « casser les codes » et choquer, cela ne fait que sourire, au mieux; ou consterner, au pire.

Le film suit une narration classique de premier volet de franchise, avec la transformation d’un quidam en super-héros, donc.

On esquisse une histoire d’amour pour mieux survoler une tragédie à la Frankenstein, et les scénaristes ont dû se dire qu’il ne suffisait que de cela pour attacher le spectateur.

Le méchant de l’affaire crée littéralement sa némésis, d’un homme quasiment mort il en fait un monstre invincible (Frankenstein, à nouveau). On réunit ici en un même personnage le savant fou et l’homme de main coriace d’un James Bond.

Pour le reste, ce n’est qu’une succession ininterrompue de blagues plus ou moins drôles, plus ou moins scabreuses et plus ou moins référencées à la pop culture.

Le film délivre de temps en temps quelques bonnes idées de mise en scène, notamment par la déformation parfois burlesque des corps dans le jeu de massacre.

À part ça, il reste dans sa posture, et ne transcende jamais l’idée de ce personnage qui brise le 4ème mur, procédé ici sans importance qui ne sert qu’à en rajouter dans la blague potache, alors qu’il aurait été tellement plus intéressant de poursuivre ce qu’esquisse en creux le générique, c’est à dire le commentaire potache de ce que devient le film de super-héros.

Le long-métrage ne casse donc jamais les codes de son genre, qu’il suit en fait à la lettre. Il ne fait que décaler – un peu – le ton. C’est d’autant plus malhonnête que toute la promo du film jouait sur la soi-disant subversion de sa forme (ce que le premier Kick Ass faisait, par exemple, dans le même genre). En fait, on assiste là à une tentative désespérée de marquer un nouveau jalon dans la pop culture, et aussi de vendre un certain côté « subversif » comme argument marketing.

Hors, répétons-le, le film n’est jamais subversif. Il se complait dans la violence graphique, mais sans rien en dire, juste pour créer de l’amusement mais sans distance (alors qu’on était en droit d’attendre un commentaire distancié avec ce gimmick du 4ème mur).

Une déception, un écoeurement même car il y a fort à parier que ce type d’emballage va tendre à devenir la nouvelle mode en matière de film de super-héros.

Ce que l’on ne souhaite pas…

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